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Un message pour la Journée de la Terre

Kelly Landen
21 avril 2008

Category: Éléphants

[ 1 commentaire ]

Regarder les éléphants au bord d'une cuvette

Au Botswana, le mois d'avril est une période de transition entre la fin de la saison des pluies et la prochaine saison sèche hivernale. Jusqu'à maintenant cette année, il était inenvisageable de se déplacer en voiture sur de longues distances dans le territoire des éléphants, mais comme nous commencions à nous impatienter, Mike et moi avons décidé qu'il était temps de tenter notre chance et d'aller voir où et comment les éléphants se déplacent à proximité.

La route que nous avons choisie est une route que nous connaissons bien pour l'avoir déjà empruntée à de nombreuses reprises. Le trajet de 230 kilomètres vers le sud-ouest nous prend environ cinq heures en temps normal, mais cette fois-ci, il nous a fallu deux jours pour parcourir la même distance. La "route" de raccourci est une piste en sable dégagée de 20 mètres de large qui marque la frontière entre le Chobe National Park et la réserve de la forêt. Même si à cette époque de l'année nous ne pouvons pas vraiment dire qu'elle est "dégagée", car les plantes ont eu suffisamment de temps et d'eau pour fleurir et se régénérer. C'était un voyage difficile et cahoteux et des signes éloquents nous ont donné l'impression que nous devions être les premiers à avoir bravé le périple cette saison. Le seul signe de présence d'autres hommes était une piste pour gros véhicules. Nous avons présumé que ce ne pouvait être que la Botswana Defense Force (BDF) qui patrouillait la zone pour trouver d'éventuels braconniers.

Notre progression lente nous a permis d'explorer et de scruter l'épaisse végétation en espérant apercevoir des animaux sauvages et de l'eau. Les animaux étaient bien cachés et nous n'avons rien vu pendant des heures à l'exception de quelques bucorves du sud, d'une seule hyène et de quelques raphicères. Par contre, l'eau n'était pas difficile à trouver. À certains endroits, de grandes piscines nous bloquaient le passage. Sur le terrain, il est assez fréquent de voir des véhicules en rade avec les pneus immergés dans le sable ou la boue, ayant été abandonnés de nombreux mois auparavant. Nous avons donc décidé de les contourner. Nous avons roulé soigneusement, zigzaguant dans des labyrinthes d'arbustes épais et nous crispant lorsque les pneus crissaient dans les broussailles irrégulières de mopani. Lors d'un tel voyage, il serait peu surprenant de devoir changer une roue peut-être trois fois, et alors que nous installions une autre roue de secours, nous savions que nous allions devoir rentrer chez nous. Cette fois, nous avons dû redoubler de prudence car, bêtement, il ne nous restait plus qu'une seule roue de secours.

Le raccourci serpente dans de grandes étendues de forêt de mopani et de champs d'arbustes, le long de la rivière Ngwezuba qui était autrefois une rivière florissante mais qui n'est aujourd'hui plus qu'un lit de rivière fossile. Mais les cuvettes (trous d'eau) sont nombreuses et, avec les pluies abondantes tombées récemment, les cuvettes étaient toujours pleines. Cuvette après cuvette, nous retombions sur le lit de la rivière et nous pensions que nous verrions des centaines d'éléphants, mais ils restaient bien cachés. Ce n'est que tard dans l'après-midi, alors que nous avions décidé qu'il était temps de choisir un endroit pour établir un camp pour la nuit, que nous avons rencontré nos premiers troupeaux d'éléphants. Nous sommes parvenus à un énorme champ ouvert de hautes herbes avec des éléphants qui broutaient, éparpillés sur les bordures de ce champ. Un jeune éléphanteau âgé d'environ six ans défiait curieusement des buffles qui paissaient et ne lui prêtaient aucune attention. Et au milieu, un magnifique éléphant se prélassait dans les eaux fraîches d'une grande cuvette. Il s'y roulait, s'y ébattait et y folâtrait comme s'il venait de découvrir les plaisirs de l'eau.

Ne voulant pas les déranger, nous sommes allés un peu plus loin. Nous avons fini par établir notre camp sur le bord d'une cuvette plus petite mais profonde, bien cachés par un câprier laineux. 20 minutes plus tard, nous avons entendu le doux bruissement d'éléphants qui se dirigeaient vers l'eau. Un troupeau familial de 18 éléphants, qui suivait la matriarche, est tranquillement passé tout près de nous sur notre gauche, ne s'arrêtant que quelques secondes pour lever leurs trompes afin de bien sentir l'odeur des étrangers qui étaient à côté de leur trou d'eau. Mais comme ils avaient plus chaud et soif qu'ils n'étaient curieux, l'ensemble du troupeau a plongé dans l'eau, juste devant nous. Mike a reculé pour prendre une photo. Lorsque je me suis retournée pour le regarder, j'ai eu la surprise de voir un jeune éléphant qui se tenait à quatre mètres derrière lui ! Aïe ! Il ne nous restait plus qu'à rester immobiles jusqu'à ce qu'il se décide à continuer son chemin. C'est cet éléphant qui a retenu notre attention et nous nous sommes concentrés sur lui lorsqu'il a rejoint le reste de son troupeau.

C'était un adolescent et il connaissait évidemment les membres du troupeau. Il a été salué par d'autres éléphants qui étaient à peu près du même âge. Les éléphants se saluent en plaçant leur trompe dans la bouche de l'autre et en sentant l'odeur unique de l'individu par l'organe vomérien, connu sous le nom d'organe de Jacobson, qui se trouve dans la partie supérieure du palais. Ces quatre individus ont passé un certain temps à se bagarrer, nager et se provoquer les uns les autres. Mais lorsqu'il s'est rapproché de la matriarche, elle l'a évité avec vigueur. Elle a nagé pour sortir de la cuvette avec les plus jeunes derrière elles, puis est retournée dans l'eau de façon surprenante en courant pour lui montrer à nouveau sa dominance. Puis, elle est tranquillement sortie de l'eau pour la journée, et le reste du troupeau a fait de même. Les adolescents n'avaient pas envie de quitter cet individu, mais ils l'ont quand même laissé car il le fallait. Nous avons regardé ce jeune mâle qui persistait à suivre les autres, mais nous savions que c'était juste une question de temps. Le moment était venu pour lui de quitter le troupeau et sa mère était en train de lui dire.

Cela m'a rendue mélancolique de penser que cet être extrêmement social, qui n'avait connu dans sa vie que la proximité et la protection de sa famille, devait maintenant affronter seul les défis de la vie. Bien entendu, cela m'a fait penser à "nos" éléphants. J'ai pensé à Kgosi - à un moment donné dans sa vie, cela a dû lui arriver, et lorsqu'il s'est déplacé à travers des pays et des zones dangereuses, il a dû faire face aux dangers du braconnage et de la chasse, surtout en buvant dans les trous d'eau des fermiers et en traversant leurs champs. Il a déjà été en musth et il se trouve maintenant dans l'un des plus grands troupeaux que nous avons vus cette année, rivalisant avec d'autres éléphants pour engendrer ses propres éléphanteaux.

J'ai pensé à Mma Khama, qui est responsable de toute sa famille, aux décisions qu'elle doit prendre et aux choix qu'elle doit faire pour diriger son troupeau tout en assurant leur sécurité et leur santé, et ce en toute saison, y compris les saisons de rareté difficiles. Et, comme l'épisode auquel je viens d'assister à notre camp, Mma Khama a, dans son propre troupeau, de jeunes éléphants qu'elle devra repousser un jour.

Letsatsi me vient à l'esprit également, et je pense à elle en train d'explorer de nouveaux endroits et chemins afin de trouver un habitat adapté à son espèce, marchant peut-être sur la pointe des pattes dans des champs dangereux, et devant affronter les difficultés quotidiennes propres à son environnement.

Toute la nuit, nous entendons sans arrêt les grondements sourds des éléphants qui se parlent, leurs pas doux autour de la tente, et leurs ébats aquatiques dans les eaux fraîches de la cuvette éclairée par la lune juste devant nous. Je me rends compte à quel point j'ai eu de la chance d'avoir assisté à ce moment vital dans la vie d'un jeune éléphant - et, aussi triste que cela puisse paraître, cela fait partie de la vie. Je trouve que nous avons tous de la chance, tous les jours, de partager des moments avec les créatures qui vivent sur cette magnifique planète qu'est la Terre. Nous devons juste ouvrir les yeux, être soucieux de nos circonstances, de l'environnement, et faire attention à la façon dont nous le traitons. Je fais le vœu que tout le monde réalise ce simple fait... que chaque jour devrait être la Journée de la Terre ! J'adore la Terre… et vous ?

Ne manquez pas la prochaine actualisation !


  • Découvrez davantage d'informations sur le travail de Kelly et de ses collègues d'Elephants Without Borders et sur l'importance du suivi des éléphants dans le sud de l'Afrique.

  • Vous pouvez suivre la trace des éléphants que nous avons dotés d'un collier de suivi satellite sur nos cartes de suivi interactives.

1 commentaire:

Audrey

9 mai 2008, 7:11

Ces animaux sont tellement mignons, ce serais vraiment dommage qu'ils disparaîssent !

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